Le jour où j'ai visité la Samaritaine en pleine reconstruction, le sol était recouvert de débris, et leurs poussières accrochaient la lumière. Certains de ces débris ont attiré mon attention avec leur éclat inattendu. On m’a expliqué que c’était le puits de lumière en bloc de verre de l’ancien magasin, qui venait d’être démolie. Paraît-il qu’à l’époque il était rare d’avoir des blocs de verre en cette ampleur et que justement cela servait à faire rentrer la lumière naturelle dans les boutiques. La notion de “puits de lumière” m’a rappelé d’un autre puits qui a donné son nom au magasin; la pompe à eau “La Samaritaine”, située sur le pont Neuf, à proximité de l’endroit où le grand magasin se tient aujourd’hui. Cette pompe était décorée d’une représentation de l’épisode évoquant la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob. “Photine la Samaritaine” était le nom de cette Sainte, qui signifie en Grec “lumineuse”. 

Ce puits de lumière, je l’ai vu tombé au sol et couvert de poussière, mais j’en ai ramassé quelques de ces morceaux pour en ramener dans mon studio. Ils ont rapidement retrouvé leurs éclats quand je les ai exposés sous la lumière en les disposant sur des papiers sensibles. Ces dalles en verre, qui ont autrefois éclairé les magasins, semblent aujourd’hui porter la lumière en soi.

Puits de Lumière de la Samaritaine